DOCUMENT LCI - "On devra courir" : au nord de Kharkiv, des habitants résignés à une offensive russe | TF1 INFO

LCI - 11/05
[VIDÉO] Au nord-est de l'Ukraine, la population vit depuis des semaines sous la menace d'une offensive russe. Celle-ci s'est concrétisée vendredi, avec le franchissement de la frontière par des chars russes. Une équipe de LCI s'était rendue auprès des habitants 24 heures auparavant. - DOCUMENT LCI - "On devra courir" : au nord de Kharkiv, des habitants résignés à une offensive russe (International) - TF1 INFO

Au nord-est de l'Ukraine, la population vit depuis des semaines sous la menace d'une offensive russe.
Celle-ci s'est concrétisée vendredi, avec le franchissement de la frontière par des chars russes.
Une équipe de LCI s'était rendue auprès des habitants 24 heures auparavant.

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Plus de deux ans de guerre en Ukraine

24 heures avant l'offensive russe, à quelques kilomètres de la frontière. C'est ici, dans cette région ukrainienne du nord de Kharkiv, que vivent Nina et sa petite-fille Lisa, au rythme des bombardements. "Il faut s'assoir à la table, négocier et décider comment faire, déclare la grand-mère, dans le reportage de LCI à retrouver en tête de cet article. Ou Zelensky doit partir, ou la Russie doit retirer son armée. C'est ce que je pense." 

"Je n'ai pas peur des Russes"

Nina a déjà vécu l'occupation russe une première fois. Elle fait partie de ces habitants dont l'opinion est une zone grise. Elle ne semble pas s'opposer à tout prix à une domination russe de la région. "On s'en fout !, clame-t-elle. On a juste besoin de la paix au-dessus de nos têtes. On plantera des pommes de terre, que peut-on faire d'autre ?" Dans la cuisine de la maison, la jeune Lisa ne dit pas autre chose. "Je n'ai pas peur des Russes, ils me donnaient des cadeaux parfois", indique-t-elle. 

La vieille dame s'inquiète, elle, de "l'enfance volée" de sa petite fille. Cette dernière vit au rythme et la guerre et paraît avoir compris qu'une nouvelle offensive russe était imminente. "Maman a vu sur Internet qu'il va y avoir des explosions dans les champs, car les Ukrainiens sont en train de mettre des mines", raconte l'enfant, tout en montrant le paysage de la campagne environnante où pourraient avoir lieu ces déflagrations.

Des fortifications construites rapidement

Dans un autre village, encore plus proche de la frontière russe, Oleksandr parle d'une intensification des frappes depuis plusieurs semaines. "Tout le monde a peur d'une offensive, souligne cet habitant. S'ils viennent, on devra courir." Les déplacements doivent être rapides, en raison des drones kamikazes. Partout, les Ukrainiens dressent des fortifications. Sur l'une d'elles, les ouvriers exhortent notre équipe à ne pas rester à découvert. En cause ? Un drone survolant la zone juste au-dessus de cet abri.

Les travailleurs reprennent ensuite le travail, jusqu'à la prochaine alerte. Il y a peu, la fortification voisine a été la cible d'une frappe russe. "On a l'habitude d'avoir des drones, rappelle Vladimir, un employé de chantier. On est informés, donc on se cache sous les blindages." Ces fortifications sont nombreuses dans le périmètre. L'objectif ? Arrêter les chars russes. "Maintenant, on est vraiment préparés, assure Romain, le chef de chantier, face à notre caméra. Il n'y a pas qu'une seule fortification, il y en a bien d'autres." Des brigades ont récemment renforcé la zone.

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Pour les Ukrainiens, l'offensive n'est plus une hypothèse : les chars russes ont déjà franchi la frontière vendredi. "Au total, 1775 personnes ont été évacuées" de la région, selon les autorités locales samedi matin. 

T.A. | Reportage LCI Charline HUREL, Charlotte LEFETEY et Kostyantyn YAREMENKO

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